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© photos TP
Jean-Philippe Aubanel
Né en 1953 à Lyon, vit et travaille à Villefranche-sur-Saône
...Un totalitarisme aux petits pieds s'est infiltré partout, la modernité ambiante et le sirop de bons sentiments qui l'accompagnent lui offre un abri sûr, nous laissant pour seule planche de salut de demeurer - ce que le Grec nommait : kpitikôs - apte à juger.
À ce titre, l'oeuvre et l'artiste se confondent chez Aubanel, selon les deux versants que prend la signification :
L'oeuvre est critique au sens où, en médecine, on parle du jour critique dans une maladie, jour qui décidera de la suite. L'oeuvre, chez Aubanel, se maintient toujours dans ce suspens critique où elle trouve, de façon étonnante et cependant certaine, son équilibre.
L'homme, lui, veille, ô combien, à demeurer critique, à ne pas perdre - l'art de juger.
« Un regard non formulé. L'état qui précède la chose, la voie non pas de l'achèvement, mais celle qui va à son commencement. Aux abords de ce qui n'est pas encore. C'est dans cet asile incessible que nous figurerons. » (René char)
« Les poids morts ont bougé, mais les enfants n'ont pas grandi. Rien n'est à recommencer. » (René char)
Salut l'artiste !
Continus à inachever tes chevaux, ainsi ils accompliront leur course.
Roger d'Orazio
Une vie sur le Nil
Purple Haze – Yello Sunshine – Les galettes versions Lysergiques – Le noir de Louis Ferdinand – Léo et les autres – Poser un visage dans le cercle – Fin des soixante-dix, fin du rock Sex P... Il neige sur les pyramides.
Aubanel (texte mélange 2004-1984-1979)
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© photos DR
Expositions personnelles
2008
Mur sourd et aveugle, extra du Festival des Nuits Sonores « Übergoûter », Galerie SOLO
2007
Journal de la vie d’un peintre, peintures, Galerie IUFM, Lyon
Comme un revoyant, dessins, Chapelle de Montagny (Rhône)
2006
Galerie Solo – Lyon
2005
Galerie Solo – Lyon
En Résonance avec la Biennale d'Art Contemporain de Lyon, Galerie IUFM Confluences – Lyon
2004
Musée Paul Dini L'insurrection de la Couleur – Villefranche-sur-Saône
2002
Galerie Le Lutrin, Jean-Philippe Aubanel – Lyon
1995
Maison des Avocats, Jean-Philippe Aubanel – Lyon
IUFM, Elles se regardent en silence – Lyon
1990
Galerie du Cheval blanc, Peintures à MagdaIena – Genève
1989
C.A.P. Jean-Philippe Aubanel – Saint-Fons
1988
A Linéa – Nancy
Artothèque théâtre municipal – Caen
1987
Galerie Bernard Fradel – Saint-Étienne
Galerie Élysée, Octobre des arts – Lyon
ARTCODI Conseil, Intérieur – Lyon
1986
Galerie J. L. J. Bertin – Bâle
Galerie la Tournelle – Pont-Laval
Galerie Hôtel de Ville, Jean-Philippe Aubanel – Villeurbanne
Galerie P. Huber – Genève
1985
Galerie P. Huber – Genève
1984
Galerie J. L. J. Bertin – Lyon
La Grande Serre – Rouen
Galerie D. Marchés – Châteauroux
Base Internationale – Villeurbanne
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© DR Jean-Philippe Aubanel
Expositions collectives
2011
Hommage à Christian Calligarot, Galerie IUFM Confluence(s) - Lyon
2009
Métamorphoses, Musée Paul Dini — Villefranche sur Saône
2008
Peintures in situ, salon VIP du Festival des Nuits Sonores, Usine Legrand, Lyon.
2006
Galerie Solo – Lyon
2004
Vinyl Event, Galerie Trait Personnel – Lyon
2003-04
Musée des Beaux Arts, Fin des histoires ?... col. FRAC Rhône-Alpes
2002
Le Rectangle, Œil pour œil – Lyon
2000
Visite d'ateliers rue Lamartine, n°57 et 135 – Villefranche-sur-Saône
Galerie IUFM confluences – Lyon
Aubanel, Kayser L'exotisme est quotidien – Lyon
1997
Espace Arts Plastiques, A posteriori... – Villefranche-sur-Saône
1990
Artothèque – Évry
Galerie Serediac – Lyon
Espace Arts Plastiques Trois ateliers, une entreprise – Villefranche-sur-Saône
1989
Centre d'Arts plastiques – Saint-Fons
Galerie la Tournelle – Poêt-Laval
1988
Musée du Dessin et de l'Estampe – Gravelines
Œuvre sur papier – FRAC – Cherbourg
Lycée du Forez, Figures pour Ies années 80 : voir et revoir – Feurs
Musée de l'Imprimerie et de la Banque, 30x30x30x30 – Lyon
1987
Galerie Vorstadt 78 – Bâle
Fondation Cartier – Jouy-en-Josas – Lyon
Intérieurs – Lyon
1986
Foire de Bâle, Galerie P. Huber – Bâle
Biennale d'Art contemporain – Nancy
Musée d'Aurillac, Parapluies – Aurillac
École des Beaux-Arts, Des peintres à suivre – Paris
Collections publiques
Villeurbanne/Lyon, IAC-Collection F.R.A.C. Rhône-Alpes
Ville de Villeurbanne, Hôtel de Ville
Paris, fondation Cartier
Lyon, musée des Beaux-Arts, dépôt du FNAC
Genève, fonds cantonal d'Art contemporain
Villefranche-sur-Saône, musée Paul Dini
Collections particulières
Lyon, Genève, Paris, Varangéville-sur-Mer
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À table avec Jean-Philippe Aubanel
« Il ne faut pas tant regarder ce que l’on mange que celui avec lequel on mange » (Épicure)
Du goût, du goût, toujours du goût. Et des couleurs ! Jean-Philippe Aubanel, l’un des peintres lyonnais les plus remarquables, prône l’insurrection et l’exaltation. L’univers poétique de sa cuisine, à l’identique de sa peinture, est peuplé d’êtres, de symboles et de planètes. Son « menu d’humeur » se veut un hommage aux Canuts croix-roussiens qui, par deux fois en novembre 1831 et avril 1834, se sont insurgés contre leurs conditions de travail (« vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ») et à l’anarchiste Bakounine qui le 28 septembre 1870 à Lyon, proclame la Fédération révolutionnaire des communes.
Sans oublier la salade d’Émile Pouget, théoricien du sabotage et « qui ne racontait pas que des salades ». Clin d’œil du peintre « à notre bonne vieille ville de Lyon ». Pour Aubanel, la cuisine doit être un acte porteur de sens, sans d’ailleurs forcément suivre des règles : « d’aucuns se plantent : l’anarchie n’est pas l’absence d’organisation mais d’autorité ». Au programme : les producteurs bios du marché d’Écully («il y a du pognon mais des gens sympas »). Carottes, mâche, oignons, échalotes, betteraves rouges de chez « la Jeanne » Boyer, dont le mari aimerait que le peintre-marmiton jette un œil à ses dessins… « Ils regardent la lune pour faire pousser leurs légumes. Au moins, leurs légumes ont le goût de ce qu’ils sont ». Flûte bio, fromages blancs bios, poires bios. Seuls les calmars n’ont pas l’étiquette. On s’offre un petit apéro sur le pouce… « Merde, le pinache ! ».
L’heure tourne. « Merde, le pinache, il faut qu’on y aille ! ».
Direction le caviste. « Il nous faudrait un blanc un peu sec avec une légère touche d’acidité » demande Aubanel, en fin connaisseur. Ce sera un chardonnay du Bugey. Jeune mais prometteur.
12 h 30. Arrivée dans la cuisine de Catherine Ergin qui tient la galerie Solo (place Gailleton, 2e), chez laquelle le déjeuner a lieu. De l’Aubanel de partout. Musique classique en fond musical. « C’est sûr que ce n’est pas du Iggy Pop ! » sourit le maître queux. De l’huile d’olive, les carottes coupées éclatées (« une anti-julienne »), les échalotes. Le riz, ensuite, déglacé au vin blanc et qu’on arrose d’un bouillon au miso. « Le risotto est une recette d’évaporation. C’est contradictoire puisque tous les sucs restent concentrés dans le riz ». Les calmars sont coupés en lamelles puis saisis à feu fort. Deux fois. Ô enchantement ! « Mon père était poissonnier, ma grand-mère vénitienne… C’est une culture la cuisine mais n’exagérez pas quand même ». Et une poire pochée au safran, sa fameuse « poire Guignol », car « que tu votes blanc ou que tu votes noir, t’es toujours la poire ». Les couleurs, encore une fois. Et les goûts, toujours : « Car il faut de la diversité dans les mets pour satisfaire la complexité des goûts ». À bon entendeur…
Par Guillaume Lamy
LA RECETTE
1 — 3 gros calmars, 250 grammes de riz pour risotto, échalotes, oignons, safran, miso, vin blanc.
2 — Faites revenir dans une cocotte de l’huile d’olive, les carottes coupées, les échalotes, les oignons.
3 — Ajoutez le riz (Arborio, Carnaroli ou Vialone).
4 — Déglacez au vin blanc puis, lentement, ajoutez les louches de bouillon de miso.
5 — Laissez cuire à feu doux et couvert jusqu’à ce que les grains de riz s’en imprègnent tout en libérant de l’amidon pour arriver à un mélange crémeux et légèrement croquant.
6 — Ajoutez les lamelles de calmars que vous aurez saisis à feu fort, deux fois.
7 — Parsemez de parmesan.